Cette thèmatique est traité de façon transversale au sein de la Communauté de Compétence Transformation des lieux de production même que dans la Communauté Innovation dans les Services - Services urbains  

smart-cities-applicationSmart City
Des questions sans réponses

Le concept de smart city n’est pas fixé, et son caractère mouvant et ouvert, rend complexe le passage à l’opérationnalité.
La ville intelligente est une certitude dont les contours nous échappent. Elle pose plus de questions qu'elle ne sait aujourd'hui en résoudre.

Que son destin soit intimement mêlé au développement aux technologies ne nous dit rien de la place du numérique urbain et de son déterminisme. Que la question de la gouvernance se dessine, cela est vrai depuis que se pose la question de l'irruption de l'usager – donc de la "ville 2.0", c'est à dire depuis 2006.

Pour autant, on cherche encore les réponses.

Ce qui est certain, c'est que la finalité reste de formuler une "ville pour tous", une "liveable city", au moment où l'étau des contraintes économiques et environnementales est trop puissant pour que les collectivités y échappent. Elles en seront les premières bénéficiaires, avec leurs administrés. Elles portent donc la responsabilité d'un développement attentif de la filière. Ce qui n'exempte en rien les entreprises de services de leur apport d'innovations. Reste un point d'entrée majeur, la donnée (l'open data, l'ouverture, le partage, la réutilisation, le big data…) même si tout ou presque reste à mettre en oeuvre sur ce sujet.

Les défis de la "liveable city", jusqu'où doit aller la ville intelligente ? Quel diagnostic portons-nous ?  Quelle ville voulons-nous et pour qui?  Quelle ville pouvonsnous nous offrir ?

C'est un nécessaire préalable à débattre avant de formuler les questions auxquelles doivent répondre les intelligences pour partager cette autre ville et pour nous extraire dans le même temps du champ de contraintes héritées de la ville d'hier.
Avec l’accent mis sur un objectif d’inclusion sociale des populations urbaines dans les services publics, la définition de la smart city est retournée : passage d’un modèle d’offre à un modèle de la demande où la priorité est donnée à la mutation des usages ; la question reste de savoir comment faire accéder tous les groupes sociaux à une dynamique de services de qualité impulsée par la seule technologie, et quelles ruptures sociales et économiques envisager ?

En portant comme E. Glaeser l’attention sur le rôle du capital social et relationnel dans le développement urbain, et sur la proximité, cad le moyen de mettre les gens en contact, de leur permettre d’interagir d’une façon riche, inattendue et productive, c’est la question d’une part de la gouvernance et d’autre part des polarisations sociale, économique, et culturelle qui se trouve posée, ainsi que celle des inégalités sociales comme résultante d’une politique de « smartness » qui fait appel à la capacité d’apprentissage, d’adaptation et d’innovation des populations – capacité inégalement répartie dans le corps social.

Que dit le territoire ? L’intelligence du territoire peut-elle être contenue dans un périmètre bien défini ? Comment cette intelligence naturelle irrigue-t-elle le développement aux diverses échelles territoriales, comment dialogue-t-elle avec la technologie, et en quoi s’oppose-t-elle ou non à l’impératif environnemental ?

Dans la situation où la notion de smart city se fonde sur la durabilité sociale et environnementale comme composante stratégique majeure, elle renvoie à la question de l’équilibre à rechercher entre l’exigence de mesures d’incitation à la croissance et l’injonction environnementale.

Les services et leurs intelligences, vers une cité des services ?

Les intelligences sont d'abord vues comme une réponse aux limites des infrastructures. Après une phase d'optimisation (smarter cities), la question se pose d'aller au-delà : "Comment mobiliser les intelligences pour prodiguer les services ?". Et surtout "Quelles ruptures cela impose-t-il ?
Si la définition d’une smart city se fonde sur l’utilisation d’une infrastructure en réseau pour améliorer l’efficacité économique et politique, et pour permettre un développement social, culturel et urbain ; la question est de savoir si la cause de la croissance se trouve dans le processus de « connexion » et dans le câblage des infrastructures comme modèle de développement durable. Enfin, le déterminisme high tech city, peut conduire à une sousévaluation du risque ou à une sur-évaluation du besoin réel de la ville en technologies.
Si l’accent est mis sur le rôle important des industries High-tech et créatives dans la croissance urbaine sur le long terme, argument de R. Florida, la difficulté est de savoir si la présence d’une classe créative peut à elle seule garantir la performance de la ville et le succès de son développement sur la longue période.
Si la définition met l’accent sur un développement urbain dépendant de la rentabilité économique, on peut s’interroger sur la pertinence d’une conception néolibérale où le seul moteur du développement urbain serait les valeurs économiques. Dans un environnement économique plutôt caractérisé par la mobilité internationale du capital à la recherche de profits rapides et des cycles industriels courts, rien ne garantit la pérennité des fournisseurs de services ni leur loyauté géographique.

Combien de temps la ville reste « smart » ? Les transformations en cours dans les modes de vie, de travail et de déplacement, la mutation des usages, interrogent la nature et la vocation de la ville – quels changements anticiper ?

Les réseaux sociaux, les usagers syndiqués, un bouleversement des gouvernances ?
Ils sont identifiés par les acteurs des intelligences comme les acteurs les plus influents de la scène des intelligences. Ils sont les premiers contributeurs de la donnée et les premiers consommateurs des services qui en sont issus. Cette syndication des usagers de la ville (et citoyens) constitue un bouleversement dans les gouvernances, ou plutôt "devrait" !
Smart city - nouvelle ville, nouveaux territoires, nouveaux partenaires : la privatisation du fait urbain – quelles médiations entre ville - entreprises de services.

Entre Big data et Open data, quels ressorts de la ville intelligente ?
La donnée est à la fois un préalable aux services, leur matière première inépuisable et d'autre part une nouvelle manière de lire la ville et d'en faire l'expérience. C'est sur les données que s'est imaginée la ville intelligente. C'est sur elle qu'on se repose désormais pour imaginer de nouveaux modèles et pour formuler des réponses innovantes. Dans le même temps, cette donnée pose de multiples questions. Et d'abord à la ville qui en est comptable et bénéficiaire.
N'est-ce pas un nouvel attribut régalien ? Comment régir le destin du monde de la donnée pour le profit de tous ?
Recueil, contrôle et management des données. L’open source, le partage des données (« Creative Commons »), etc. Pour une autorité régulatrice (organisatrice) des données.


Contributions croisées de Bruno Marzloff (Chronos / la Cité des Services) et Michel Sudarskis (INTA)

 


Association Internationale de Développement Urbain

Une association internationale de membres qui partagent connaissances, expériences et savoir-faire pour un développement urbain intégré.  // EN SAVOIR PLUS