cities for lifeINITIATIVE FOR HABITAT III, TABLE RONDE A MEDELLIN, 31 août - 1er septembre.
Avec notre partenaire, le Pr Carlos Moreno, président du Forum Live in a Living City (LiaLC), nous avons lancé la première session de l'Initiative pour Habitat III en marge de CITIES FOR LIFE Global Meeting 2015 qui s’est tenu à Medellin, les 31 aout et 1er septembre dernier.

 Ci dessous la synthèse des échanges de notre rapporteur Robert Spizzichino.

Cities for Life, villes à vivre, l’humain d’abord : Concept flou qui sert les intérêts de la ville de Medellin pour conforter son image ; on peut rassembler autour de ce concept bien des institutions internationales, des organismes privés, des financiers, des experts, …bref, chacun peut y trouver son compte. Concrètement cela débouche sur une plateforme collaborative très élaborée et utile où l’on peut déjà trouver des expériences intéressantes, en particulier en matière d’initiatives citoyennes.

Ce qui frappe d’ailleurs, c’est le contraste entre les avancées majeures proposées en matière de démocratie locale et de « pouvoir citoyen » ou d’innovations dans la gestion des villes, voire la durabilité,  et la faiblesse constatée pour s’attaquer à des problèmes fondamentaux comme la maîtrise foncière, le logement abordable pour tous, la ségrégation socio-spatiale. A cet égard, Medellin en est un excellent exemple. La facilité d’usage d’expressions issue de la sociologie comme planification holistique, co-création, écosystème d’intelligence collective, …, peut masquer une absence de vision lucide de la ville actuelle et de ses enjeux.

Néanmoins, quelques interventions ont mis en évidence des problématiques intéressantes :
-        L’impact sur les villes de la pauvreté des zones rurales et la nécessité d’un véritable aménagement du territoire
-        Le rôle des institutions dans les processus d’exclusion ; appel à de profonds changements dans les organisations publiques et associées ; à la recherche d’innovation politique
-        L’importance de la définition d’organisations adaptées dans la réussite des politiques publiques (heureusement sans noyer ceci dans le concept de gouvernance)

A noter aussi une intervention en plénière d’un professeur post-marxiste de l’Université de Medellin qui a mis sur la table un certain nombre de questions telles que l’antagonisme structurel entre la recherche de compétitivité et l’exigence  de justice sociale, l’alibi que peut constituer la société de la connaissance, la fin des idéologies repères, le fait que la société civile soit avant tout réactive et non proactive ; il a aussi évoqué la « construction sociale de l’habitat » et l’importance des « communautés de confiance », deux notions qui pourraient s’avérer porteuses.

Enfin, ce qui ressort de la démarche « Cities for Life », c’est la volonté d’un certain nombre de grandes villes à avoir la pleine maîtrise de leurs politiques, le cas échéant en opposition avec l’Etat central ; de manière générale, l’affirmation de l’importance du rôle des villes (en fait des métropoles) dans les solutions à apporter aux problèmes mondiaux est sans nul doute un des thèmes majeurs d’Habitat III. D’où la recherche de constitution de lobbies internationaux pour ce faire (au-delà de clubs d’échanges)

Notre session

En théorie, destinée à nourrir notre démarche pour Habitat III, en pratique a abordé des sujets plus larges autour de la thématique générale des convergences entre innovation technologique, inclusion sociale et intelligence urbaine (mutations territoriales)

Rappelons d’abord les conclusions présentées devant l’assemblée plénière

A-     La recherche d’une nouvelle posture

  • Une nouvelle relation entre la ville et le territoire : un continuum urbain à organiser avec les espaces naturels et ruraux, une tension entre les flux et les lieux, l’élargissement des espaces de vie - la ville est partout
  • La participation citoyenne, ses formes et ses limites - les  nouvelles technologies de la communication peuvent-elles permettre une (re)politisation du débat sur ville, et de réinventer des politiques publiques, plus que de discuter de la largeur des routes ?
  • Il est urgent de rechercher des mécanismes soutenables de fabrication de la ville, et ce dans tous les domaines : le foncier, l’habitat, les mobilités, l’économie, l’éducation
  • L’évolution nécessaire des services publics, de la satisfaction des besoins primaires à la co-création et à la cogestion
  • De la compétition à la coopération entre villes, un besoin d’échanges et de partages d’expériences. Il n’y a pas un seul modèle ; la ville doit être sans cesse réinventée.

B-     Les innovations à rechercher dans les infrastructures et superstructures publiques

  • Leur localisation
  • Leur échéancier
  • Leur intégration urbaine
  • Les systèmes de gestion
  • Le financement, au-delà du simple paiement des services rendus

C-     Les innovations concernant la mobilité

  • L’accès aux systèmes de mobilité: Des choix multiples, l’intégration des systèmes, le financement et la gestion tarifaire

D-    L’économie urbaine

  • Les inégalités ne sont pas une fatalité ; elles résultent de choix politiques
  • La diversification de l’économie locale en se centrant sur l’éducation. Sans accès à l’éducation, pas de mobilité sociale, et aucune chance de voir les revenus augmenter, donc pas de croissance de la consommation, et faible croissance
  • Des modes alternatifs de développement : crowd funding, EPM

E-     Gouvernement, pilotage

  • Légitimité de la représentation politique
  • Elargissement des limites de la ville
  • Tensions entre les flux et les lieux
  • Reconstruction d’une identité collective :
    • La société liquide (Z. Bauman) dans laquelle l’identité est davantage définie en termes de choix individuels qui peuvent varier selon les besoins de flexibilité
    • Les inégalités socio-spatiales nécessitent la mise en place de mécanismes de solidarité  confortés par les autorités locales
  • Vision partagée du futur

Autres points notables

  • De grands différences de problématiques selon les situations, d’où la difficulté d’un référentiel universel de recommandations
  • L’innovation technologique, dont il ne faut pas nier l’ampleur, doit être au service de l’innovation sociale et programmatique
  • Il faut bien évaluer l’impact des mutations économiques en cours sur le développement urbain
  • La participation citoyenne pose le problème de la répartition des pouvoirs entre les échelons territoriaux et entre les groupes sociaux

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