5474806608 15588d83e5 bL'INTA organise un networking event au FUM 9, sur la "Coordination, coopération et planification pour encadrer la planification de la ville". Il se tiendra le 12 février 2018, 9h-11h, au Centre des Convention de Kuala Lumpur, Salle 306.

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Les villes font de plus en plus l’objet d’une concentration d’investissements immobiliers sans relation directe avec la demande sociale. Il en résulte une production urbaine de nature spéculative, coûteuse pour l’investissement public et efficace en terme financier. Ils sont portés par la plus-value sur la rente foncière et immobilière. Celle-ci est encouragée par des collectivités locales et des gouvernements qui voient dans la hausse des valeurs foncières et immobilières une base de fiscalité utile pour financer les équipements et infrastructures. Ils sont supportés par les acteurs économiques pour créer de la valeur. Les taux d’intérêt très bas encouragent la production de biens immobiliers qui eux-mêmes servent de garanties pour obtenir d’autres prêts pour d’autres placements spéculatifs.

La ville a certes toujours fait l’objet d’un intérêt pour y développer la rente foncière et immobilière. La question se pose aujourd’hui des effets accentués de ces investissements sur l’organisation sociale et économique des villes. Ainsi voit-on des centre-villes relativement vides, devenus inaccessibles pour une grande part de la population, des villes nouvelles restées vides pendant des décennies malgré une crise de logement dans ces mêmes pays. L’origine d’investissement difficilement traçables incite à penser qu’il s’agit de recyclage dans l’économie d’argent issu d’activités douteuses (corruption, trafics illégaux…). Les villes les moins régulées par la fiscalité sont les plus impactées (Shanghai et Londres plus que New York et Paris).

Les volumes financiers considérables dégagés par le Quantitative Easing (QE) trouvent un intérêt dans les villes pour diversifier les offres de placement financier, l’immobilier constituant un attrait direct et un levier pour obtenir d’autres financements. Les effets sont fortement ségrégatifs : l’exclusion par le marché conduit à déplacer des populations ou rendre financièrement inaccessible des espaces centraux pour une large part de la population de ces villes. L’effet structurel est l’augmentation des logements vides (passant en 20 ans de 6% à 20% à Paris), la création de centralité comprenant une majorité de logements de propriétaires non occupants (centre-ville de Beyrouth), voir des tours restant vides, bien qu’ayant été entièrement vendues à des particuliers (placements iraniens à Dubaï).

Dans de nombreuses villes du Sud, les promoteurs privés ont acquis des titres de propriété et des autorisations de développement souvent sur des fonciers publics (investissement dans des programmes de land titling), soutenus par des banques et sociétés multinationales provoquant des expansions spatiales sans précédent des métropoles du Sud. Ces phénomènes d’appropriation foncière privée s’étendent aussi à l’habitat irrégulier. Le rôle des planificateurs se trouve remis en cause. La planification urbaine s’appuie principalement sur les besoins socio économiques en vue de déterminer les besoins d’urbanisation. Les surplus d’urbanisation (logements vacants) sont le plus souvent considérés comme marginaux et temporaires.

Aujourd’hui des villes nouvelles sont programmées pour accueillir ces investissements sans programmer les nécessaires équilibres habitat-emplois ou les moyens d’accès suffisants pour les emplois prévus (Gift New Town près d’Ahmedabad). Le design urbain prend le pli sur la planification. Le projet doit être attractif pour les investisseurs avec des programmes hors de portée (Gift veut concurrencer Londres et Hong Kong comme place financière internationale…). La marchandisation des services urbains poursuit une logique similaire, produisant des services urbains aux coûts plus élevés avec une grande difficulté de contrôle des activités par les autorités publiques.

Les questions abordées seront :

  • Quels sont les effets de la financiarisation de l’économie sur le développement des villes ?
  • Comment contrôles les effets négatifs de la financiarisation (outils, moyens, rôle des acteurs) ?
  • Comment faire pour que les collectivités locales captent et encadrentt la financiarisation pour favoriser la mise en œuvre de leurs action publique ?
  • Face à la contrainte du poids des investisseurs, quelles marges de manœuvre pour les collectivités locales africaines ?
  • Quelle régulation du foncier et de l’immobilier par l’urbanisme ?
  • Est ce que les opérations très spéculatives ne rendent elles pas les produits immobiliers obsolètes trop rapidement ?
  • Quelle variation des risques pour les promoteurs ?
  • Comment la planification peut jouer un rôle dans le contrôle et l’encadrement de la financiarisation ?

 

Intervenants :

  • Mme Lola Davidson, Secrétaire Général Adjointe, INTA (Association internationale de développement urbain) 
  • M. Jean‐Pierre Elong Bassi, Secrétaire général, CGLU Afrique (Cités et Gouvernements unis) , Rabat, Maroc
  • Mr Eric Huybrechts, IAU (France) & MTPA (Metropolitan and Territorial Planning Agencies global Network) 
  • Mme Bernadia Irawati Tjandradewi, Secrétaire Générale, CGLU ASPAC (Cités et Gouvernements Unis Asie Pacifique)
  • Mr. Enrico Campagnoli, ancien président monde de la FIABCI
  • M. Michel Sudarskis, Secrétaire Général, INTA

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