Première difficulté, si l’on regarde l’intitulé des délégations dans les villes on s’aperçoit que l’urbanisme concerne plusieurs délégations : PLU, ville résiliente, stratégie urbaine et PLU aménagement opérationnel, transition écologique et planification, équité territoriale et politique de la ville, transformation écologique et territoire. Il y a peu de délégation à l’urbanisme. Le partage entre la partie planification et tous les documents qui vont avec et l’urbanisme opérationnel reste de rigueur en plus de tous les nouveaux termes autour de l’écologie, des espaces verts de la nature et des mobilités douces. Il peut y avoir jusqu’à 4 délégués dans le domaine de l’urbanisme dans une métropole. Conséquence de cet émiettement bien compréhensible face à la nouvelle sensibilité sur l’écologie et les conséquences qui vont avec, c’est bien sûr la manière dont ces délégations vont travailler entre elles et comment les services des villes et des métropoles vont s’organiser.

tribune1 chapuis

Être élu à l’urbanisme en 2020 ?

Tribune de Jean-Yves Chapuis, sociologue, urbaniste, élu rennais de 1983 à 2014, ancien vice-président à la Métropole et directeur de l’école d’architecture de Rennes. Il est aujourd’hui consultant en stratégie urbaine.

Première difficulté, si l’on regarde l’intitulé des délégations dans les villes on s’aperçoit que l’urbanisme concerne plusieurs délégations : PLU, ville résiliente, stratégie urbaine et PLU aménagement opérationnel, transition écologique et planification, équité territoriale et politique de la ville, transformation écologique et territoire. Il y a peu de délégation à l’urbanisme. Le partage entre la partie planification et tous les documents qui vont avec et l’urbanisme opérationnel reste de rigueur en plus de tous les nouveaux termes autour de l’écologie, des espaces verts de la nature et des mobilités douces. Il peut y avoir jusqu’à 4 délégués dans le domaine de l’urbanisme dans une métropole.

Conséquence de cet émiettement bien compréhensible face à la nouvelle sensibilité sur l’écologie et les conséquences qui vont avec, c’est bien sûr la manière dont ces délégations vont travailler entre elles et comment les services des villes et des métropoles vont s’organiser.

Le paradoxe est sans doute que c’est l’organisation des directions générales qui va avoir un rôle accru dans l’organisation de l’horizontalité de la problématique urbaine au sens large. Inventer les lieux de dialogue entre les délégations concernées et les services pour pouvoir instruire les dossiers et agir.

Deuxième difficulté, comment va s’organiser le dialogue avec les citoyens ?

Il se rajoute quelque fois outre les élus de quartiers, des élus qui coordonnent les quartiers ou qui sont responsable de la démocratie locale. Nous sommes dans une société ou les citoyens ont besoin de reconnaissance et de visibilité, doivent pouvoir s’exprimer et se raconter et expliquer la notion d’habiter qui va bien au-delà d’une programmation de logements, d’équipements, de voirie, d’espaces publics, de formes urbaines. Parler de leur vie.

Comment le dialogue entre plusieurs délégations qui touchent l’urbanisme va pouvoir s’organiser avec des démarches de quartiers qui devront être capables de répondre aux interrogations des citoyens sur la manière dont ils habitent la ville ou la métropole. Ce débat devant se faire, bien avant tout projet comme une connaissance acquise qui doit permettre de réfléchir à d’autres formes de démocraties. Cela n’est pas de nier la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie directe, mais c’est comment continuellement créer ce que j’appelle la démocratie de la connaissance. Cela demande qu’on le veuille ou non un certain recentrage pour à la fois bien saisir ces demandes multiples et surtout permettre aux élus avec la direction générale de pouvoir sans cesse faire évoluer la manière de faire à la fois des services et des élus dans ce monde incertain et complexe.

En final cette démarche demande une certaine concentration sur de grandes délégations et en même temps, une forte décentralisation sur le terrain pour continuellement organiser la réponse aux attentes multiples.

La question qui se pose, c’est que cette dispersion des délégations risque de rendre difficile les réponses concrètes pour les citoyens ? et le temps de réponse dans une société du présentisme et où les réseaux sociaux amplifies les exigences démocratiques risque de créer continuellement une inadéquation entre les interrogations, questions demandées d’explication et réponses démocratiques.

Illustration :  Phototechno - istockphoto.com

Retour à la page précédente


Association Internationale de Développement Urbain

Une association internationale de membres qui partagent connaissances, expériences et savoir-faire pour un développement urbain intégré.  // EN SAVOIR PLUS