US Pacific Coast :L'INTA représentée sur la Côte Pacifique des Etats Unis
"INTA goes West"

Une révolution urbaine et territoriale se poursuit sur la Côte Pacifique des USA et c'est pour partager l'expérience et le savoir-faire de notre réseau international de praticiens de la ville que nous avons installé un bureau de représentation à Los Angeles en Californie. Christian Grusq, Président de "Diplomatie et Développement Durable" et administrateur de l'INTA en est le Délégué Régional.

Pour fixer le cadre de cette révolution Christian Grusq rappelle dans le texte en lecture les grands moments de l'urbanisation de la Côte Ouest.

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La Côte Pacifique des Etats Unis – laboratoire urbain

Au-delà des Appalaches, il a toujours semblé, dès les premières avancées des pionniers, que l’utopie, donc le bonheur parfait, était à l’Ouest. Comme ailleurs, nous sommes dans le siècle des villes, moteur des économies : la vie urbaine, non sans difficultés, reste riche de possibilités économiques et sociales.  Qu’en est-il du bonheur de la population urbaine de la Côte Pacifique des Etats Unis ?

Les zones d’influence

Les USA se comprennent par 3 principales zones d’influences : l’est, le centre et l’ouest, et des particularismes pour les états du Sud dans le Golfe du Mexique, et les états frontaliers avec le Canada.
La côte Ouest des USA (2,1 millions de km2), concentre dans les 4 états côtiers, Californie – Oregon - Washington et Alaska, 52 millions d’habitants dont, comme toutes les autres régions, le maximum est en secteur urbain.
Ces 4 Etats côtiers entretiennent des relations d’influence et d’interdépendance économique, avec les autres états qui font l’Ouest américain, c’est-à-dire l’Idaho, le Nevada, l’Utah, le Montana, le Wyoming, le Colorado, le Nouveau Mexique et même les îles de Guam et Hawaï.
C’est à l'échelle d'une grande région de plus de 72 millions d’habitants qu’il faut appréhender ces territoires pour comprendre les problèmes liés à leur urbanisation croissante

Les promesses des nouvelles routes maritimes de la côte ouest

Encore, et toujours sur la côte Ouest, une autre révolution, née des effets du changement climatique, avec des acteurs assez identiques, est en marche en Alaska. Le réchauffement climatique est prometteur de nouvelles routes maritimes et d’accès aux immenses réserves d’énergies, jusqu’alors inaccessibles, avec des promesses d’urbanisation nécessaire et de création de nouveaux lieux économiques.

L’augmentation de la population urbaine

Sur l'augmentation prévue de 80 millions d'habitants sur l’ensemble du territoire américain d’ici à 2050, 60 millions devraient vivre dans les zones urbaines. Entre 2000 à 2010, la population urbaine américaine a augmenté de plus de 12%, dépassant le taux de croissance global national qui n’est que de 9,5% sur la même période. Après New York et avant Chicago, Los Angeles-Long Beach-Anaheim est la 2ème région la plus peuplée, avec plus de 12 millions d’habitants.
La superficie de terre nouvellement urbanisée a augmenté de plus de 25% depuis 1996. Cette augmentation est notamment le fait de la mégalopole Los Angeles - San Diego. Et la région motrice la plus récente s'étends de Portland à Seattle. Sous la pression d'une urbanisation rapide, les liens ruraux-urbains retrouvent de leur importance, et c’est principalement les Etats au Nord-Ouest, l'Oregon et Washington qui expérimentent les politiques les plus avancées de maitrise et d'accompagnement de l'étalement urbain et de développement urbain durable.

La crise du modèle urbain

Durant le premier tiers du XXe siècle, l’essor de l’automobile pousse les classes moyennes à quitter les centres urbains, phénomène accentué au cours des années 1950, avec l’apparition des réseaux autoroutiers. Cet étalement toujours plus important des banlieues, «  urbansprawl », va progressivement ruiner les centres-villes  affaiblir les ressources fiscales locales ce qui conduit les municipalités dans les années 1970, à s'engager dans le renouvellement des quartiers pour attirer à nouveau des habitants.
Ainsi les villes américaines vont se restructurer autour des centres dévolus au commerce et au secteur tertiaire, sous la forme d’un urbanisme vertical très reconnaissable, les « downtowns » ou les « Central Business Districts (CBD) » . Puisla ville va se développer en strates successives autour de ce centre, avec des quartiers dits intermédiaires, partagés entre industries plus ou moins florissantes, ghettos et habitats pour classe moyenne, et les « suburbs ».
Les « suburbs », villes étalées essentiellement pavillonnaires, sont devenus le paysage principal des villes américaines, dans lesquels des petits centres commerciaux, des équipements de service, des petites zones industrielles, se sont développés sur des kilomètres carrés en l’absence de tout centre reconnaissable. Les zones rurales, déjà durement touchées par le phénomène des « suburbs », se sont elles aussi urbanisées progressivement au fur et à mesure de l’aménagement des autoroutes. C'est ainsi que se sont formés les « edges cities », noyaux urbains en périphérie des villes.

La prise de conscience des difficultés du modèle

La crise de ce modèle urbain réside dans la difficulté à aménager un territoire très étendu et peu dense, avec moins de rentrées fiscales dans les centres et une paupérisation des quartiers centraux. Les parties urbanisées ont commencé à souffrir d’un manque d’équipement, d’une pollution importante due à la nécessaire utilisation de l’automobile. La saturation des voies d’accès à l’important réseau routier a rejoint les problèmes environnementaux en particulier ceux liés à l’eau et à la qualité de l’air. Ce phénomène s’est aggravé avec le développement de réseaux de villes formant un ensemble mégapolitain, comme entre San Diego à San Francisco en passant par Los Angeles.

La Planification environnementale nouvelle priorité

Les États-Unis accordent la priorité au développement de collectivités plus durables et inclusives conscientes qu’elles contribuent directement au renforcement de l’économie permettant une prospérité durable, tout en utilisant l'énergie plus efficacement et en protégeant l'environnement naturel et la santé humaine. La coordination des politiques vise à améliorer les choix de transport, la qualité de l'air et de l'eau, l'approvisionnement en énergie propre, la santé publique et accroître la résilience climatique. Le développement durable est un principe clé qui doit articuler le débat sur la planification environnementale en milieu urbain et doit réussir à concilier :
 qu’une ville possède son propre métabolisme par lequel elle absorbe les ingrédients nécessaires à son existence et se purge de ce qui lui est néfaste,
 dès lors, que la conservation de zones naturelles est importante, notamment dans les zones fragiles et de grande valeur écologique.

La naissance de nouvelles gouvernances liées à l’économie digitale

Aujourd’hui ce sont tous les principaux acteurs de l’économie digitale, (Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.) qui sont en train de développer les nouveaux concepts urbains destinés à rationaliser les coûts, protéger l‘environnement, etc.
Économiquement, ces entreprises possèdent des moyens financiers qui paraissent sans limite car elles connaissent une croissance largement supérieure aux Etats mondiaux eux-mêmes.
Plus efficaces aussi du fait leur connaissance à chaque instant, de notre localisation précise, de ce que nous y faisons, comment nous consommons, ces entreprises transnationales semblent être les seules à pouvoir apporter des réponses concrètes à nos questions sur l'amélioration de notre cadre de vie.
Par ailleurs, ce sont les seuls acteurs économiques à la recherche d’espaces à urbaniser destinés à l’innovation, avec une totale liberté de manœuvre, qu’il s’agisse même d’aéroports ou encore de plateformes flottantes en eaux internationales.
Ils sont déjà, de fait, les acteurs de référence de la ville du futur, attirant en même temps les talents de la nouvelle « creative class », nouvel or et sang neuf que les villes du futur vont se disputer.

L’évolution politique en lien avec l’« ubérisation » de la société

Dans l’esprit de ces entreprises mondialisées, il s’agit de « projets politiques » visant à réorganiser la gouvernance des villes et par extension repenser les pouvoirs politiques et économiques. La question qui se pose maintenant ici de savoir si "l’ubérisation" de la ville la construit, car une nouvelle forme de « crowdfunding » citoyen permettrait la participation de chacun à un développement de son lieu de vie. Les sujets comme les enjeux sont multiples. 
Et c’est sur cette zone des Etats-Unis, la côte Ouest, que se concentre cette révolution.

USA Côte Ouest



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