Cette Communauté de Compétences est dédiée à la transition dans la gouvernance des territoires. Elle fusionne avec l'ancienne Communauté Métropolisation. Elle s'attache à étudier la métropolisation, en y intégrant les villes moyennes et petites ainsi que les espaces ruraux. 
Ses axes principaux sont le processus de métropolisation, le financement du développement urbain, les nouvelles villes nouvelles, la solidarité territoriale et la réciprocité, ainsi que la citoyenneté et la responsabilité.

M present-activities

Une des difficultés à créer du lien social réside dans la perte de l’échelle de l’homme dans la fabrication de la ville.
Il semble vain de vouloir traiter de l’ensemble des sujets et toutes leurs dimensions dans l’approche globalisante et sous une gouvernance omni compétente. L’ampleur quantitative inédite des agglomérations urbaines exige à la fois de la maîtrise globale et de la proximité indispensable pour formaliser à tous les niveaux un diagnostic pertinent et proposer des solutions adaptées et efficientes. La ville multiple ou la ville archipel est une solution par sa constitution en quartiers dont l’identité est forte de leurs compétences, de leurs richesses culturelles, de leur accessibilité.
Le développement urbain passe aujourd'hui par de nouvelles phases : élargissement du territoire, passant du quartier à la ville, de la ville à l'agglomération, de l'agglomération à la région métropolitaine ; importance des relations et coopérations entre territoires ; nécessité d'optimiser le système de gouvernance en faisant place au troisième secteur ; prise en compte d'une nouvelle urbanité influencée par l'économie globalisée et l'évolution des modes de vie.

Le rôle majeur de la gouvernance territoriale doit être affirmé, dans un monde où la métropolisation met les gestionnaires des villes face à des responsabilités toujours plus grandes, à la fois en termes de bien vivre au sein d’une entité urbaine spécifique et dans la concurrence que se livrent entre elles les métropoles en expansion.

Enjeux thématiques de la communauté de compétences:

  • Comment mobilise-t-on les acteurs privés et publics dans un contexte de multiplication des échelles géographiques ? Quelle contractualisation des échanges entre acteurs et territoires et la gouvernance métropolitaine efface-t-elle les autres niveaux locaux ?
  • Quels projets métropolitains ? Comment construire un projet urbain qui ait sens à l'échelle métropolitaine ?
  • Quelles infrastructures métropolitaines ? La mutualisation des infrastructures ne risque-t-elle pas de produire des inégalités territoriales au sein de la métropole ?
  • La concurrence entre métropoles implique souvent une normalisation du développement urbain. Comment attirer et fixer les talents sur un territoire standardisé?
  • Quelles relations urbain/périurbain et urbain/rural ? Quelle responsabilité de la métropole vis à vis des territoires limitrophes et interdépendants ?

 

C'est pour trouver des réponses pratiques à ces interrogations que, tout en défendant une vision intégrée et transversale du développement, les membres de l'INTA et ses partenaires ont mis en place une Communauté de compétences pour approfondir leurs pratiques professionnelles : partage d'expériences, dialogue sur les enjeux aux différentes échelles territoriales, confrontation des stratégies et finalement expérimentation de solutions neuves.

En particulier les membres de cette communauté ont proposé de focaliser l'attention du débat sur les thèmes suivants:

LE PROCESSUS DE METROPOLISATION

Les limites de la métropolisation
Le Paysage métropolitain
Metro in Progress - stratégies métropolitaines en transition: qu'en est-il des stratégies métropolitaines dans le monde?
Table ronde sur métropolisation des bassins fluviaux, entre menaces et opportunités
Débat en cours sur le développement métropolitain dans les bassins fluviaux

Identité et image métropolitaine
Vidéos du Congrès INTA35 sur cette thématique :
Nicolas Tixier and the Urban Taskscapes
Voice? questioning the public debate
La cohésion sociale en danger: Romain Lajarge, Lecturer Institute of Alpine Geography - UMR PACTE-Territoires (France)

RELATION URBAIN / RURAL

Penser la ville de demain, c’est aussi s’interroger sur le développement urbain en lien avec ses territoires environnants. C’est placer le binôme urbanité- ruralité dans une perspective de développement réciproque et solidaire. Est-il raisonnable, alors que les grandes métropoles « explosent », de voir de petites et moyennes villes péricliter et les zones rurales et montagnardes, abandonnées, se dépeupler ? Est-il profitable que le développement, sans limite des grandes métropoles, se fasse par « pillage » des ressources naturelles, humaines et financières, sans pour autant assurer une qualité de vie à tous leurs habitants. La ville de demain, et plus particulièrement les métropoles, doit repenser ses relations avec les territoires ruraux, dans le cadre d’une politique globale d’aménagement des territoires, prenant en compte leur diversité, leur complémentarité, tout en assurant leur solidarité.
> Publication de Robert Spizzichino sur le néo-localisme
> Processus du Contrat de Réciprocité

FORMES NOUVELLES DE FINANCEMENT D’AMENAGEMENT ET DE CONSTRUCTION

La vitesse du développement hors des pays développés, en particulier au sein des métropoles, ne permet pas l’essor de l’urbanisme et de l’habitat sur les standards physiques, économiques et financiers qu’ont connus les européens et les nord-américains pour lesquels la capacité à financer était en phase avec la vitesse des investissements à réaliser. 

Les moyens financiers nécessaires pour que les villes, les aires métropolitaines répondent aux besoins, aux aspirations de leurs habitants en terme de services, de logements... n’ont jamais été aussi importants. De la capacité des pouvoirs locaux à répondre à ces défis se joue de manière importante notre avenir social, convivial et humain. Dans ce contexte les finances locales, le financement de l’urbain, leur maitrise et leur contrôle par les pouvoirs locaux avec participation des citoyens deviennent un enjeu démocratique pour le « bien-être » des habitants des villes.

Des formes alternatives sont à imaginer et surtout à maîtriser qui font une large place à des solutions fondées sur la solidarité de proximité. Elles devront distinguer maîtrise et portage du foncier, aménagement des réseaux indispensables et réalisation de bâtis provisoires, voire éphémères, destinés à constituer une phase acceptable dans une évolution progressive en matière de qualité.

Au niveau local, on peut souhaiter que les gouvernements locaux disposent d’outils permettant de capter une partie de la valeur ajoutée créée sur leur territoire et de les réinjecter dans le développement de la ville pour le bénéfice de tous. On peut souhaiter également une participation active des citoyens au suivi de l’usage des finances locales, à travers une représentation citoyenne dans les opérations d’aménagement ou à travers les budgets participatifs, faisant de la population une véritable partie prenante des processus de planification, d’affectation et de suivi-évaluation des dépenses publiques.

Les institutions financières mondiales, qui ont considéré le logement comme un investissement de nature privé devraient concentrer leur appui aux collectivités territoriales sur la maîtrise et le portage du foncier afin de préserver l’évolution à long terme, bien que la vraie question reste celle de l’aménagement, de ses modes et principes portés par les Institutions Financières Internationales (IFIs).

 GOUVERNANCE TERRITORIALE ET NOUVELLE CITOYENNETE

La démocratie des villes devra s’adapter à une forme d’inscription dans la proximité. La forme élective globale, déjà matinée de recours à des formes participatives spécifiques (relais de proximité, référendum...) relèvera plus encore de la négociation avec les habitants afin d’intégrer les expérimentations locales. L’émergence d’une nouvelle démocratie de l’implication, fera une place importante à l’initiative, à l’innovation et à l’expérimentation locales. 

Le rôle majeur de la gouvernance territoriale doit être affirmé, dans un monde où la métropolisation met les gestionnaires des villes face à des responsabilités toujours plus grandes, à la fois en termes de bien- vivre au sein d’une entité urbaine spécifique et dans la concurrence que se livrent entre elles les métropoles en expansion.

Les gouvernants des grandes villes constituent le réseau premier, celui des responsables principaux de l’adaptation des territoires aux enjeux multiples posés par les révolutions déjà citées, qui doivent trouver dans la durée le chemin ad hoc au regard des enjeux spécifiques auxquels ils sont confrontés.
C’est dans la transversalité de leurs relations, dans le partage des bonnes pratiques, dans l’adaptation au local des innovations venues d’ailleurs, que se forge désormais la réussite des territoires urbains complexes.

Cette gouvernance elle-même, s’agissant de grandes concentrations urbaines, devra inventer le dialogue démocratique pour que s’élabore une nouvelle citoyenneté, une nouvelle urbanité. Celle-ci doit traduire à la fois l’évolution des cultures, des comportements et des mœurs et une diffusion de l’information et de la connaissance permise par la révolution numérique ; elle doit veiller à intégrer chaque secteur de la Cité dans le projet collectif grâce à une multipolarité organisée et convenablement connectée.

Ce rapprochement et ce partage démultipliés des savoirs immédiats doivent permettre à la fois une véritable autonomisation des habitants en offrant les moyens d’une réelle participation et implication de terrain. Il s’agit là de la mise au point des termes d’un nouveau dialogue, plus équilibré au sein de la gouvernance urbaine, afin de partager désormais l’essentiel de l’information nécessaire pour élaborer et mener à bien les politiques urbaines.

L’internet et les réseaux numériques favorisent la diversité culturelle et linguistique. Le numérique est un facteur déterminant de la transparence démocratique. Le pouvoir politique vertical va devenir plus horizontal... mais cela donne aussi des responsabilités plus grandes aux citoyens qui ne peuvent pas prétendre décider par eux-mêmes. Comment construire de nouveaux compromis démocratiques ?
Cette démocratie « d’implication » doit ainsi faire émerger ou consolider la priorité des usages de la vie quotidienne, donner sa force à l’élaboration collaborative des projets, faire contrepoids positif et utile à la vision de moyen terme qui contribuera à pérenniser la démocratie élective habituelle, tout en renouvelant la forme du débat avec les habitants (ateliers urbains, urbanisme négocié...)

TG2



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