Présentation

 

  Retisser les liens entre santé et urbanisme

Pourquoi ?

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Logo de la conférence Habitat III,
Nouvel Agenda Urbain
Quito - Pérou, 2016

Un tour d’horizon rapide des événements récents dans le monde (pollutions mortifères; l’augmentation des maladies chroniques; les épidémies liées à l’invasion de certaines espèces…) révèle l’immense défi que doivent affronter les territoires urbains pour qu’ils puissent continuer à être habitables et à maintenir les populations en bonne santé. Ces événements illustrent à la fois la vulnérabilité et la complexité des systèmes urbains qui se traduisent par de multiples dépendances, que ce soit l’accès à des ressources de qualité (eau, air, alimentation, énergie) ou bien le creusement des inégalités sociales et territoriales avec le processus de métropolisation.

Cela démontre aussi une nécessité de dépasser les politiques sectorielles (santé et urbanisme notamment) pour bâtir des politiques transversales où la santé urbaine et le bien-être en ville sont replacés au centre de l’action publique.

Les défis à relever

 

Le contexte africain

Les dynamiques de population, en cours sur le continent africain, sont d’une ampleur et d’un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité : la population d’Afrique subsaharienne pourrait doubler sur une période de trente ans (d’ici à 2050), peut-être moins. Il n’est pas facile de se représenter ce que ces phénomènes impliquent du point de vue des besoins alimentaires, en habitat, en emplois, ou du nécessaire ajustement d’une offre de services de soins et d’éducation, dans les pays d’Afrique de l’Ouest qui figurent parmi ceux qui investissent le moins, en proportion de leur budget national, en faveur des secteurs sociaux, notamment celui de la santé.

Il est classique d’évoquer également «le double fardeau» que constituent, pour les soignants et pour les systèmes de santé africains les maladies infectieuses (risque épidémique, hépatites virales, paludisme, tuberculose, sida, maladies tropicales et toutes celles qui pourraient être prévenues par la vaccination), et les pathologies chroniques responsables de 71% de la mortalité à l’échelle mondiale (le diabète, les pathologies cardiovasculaires et respiratoires, les cancers...)

Les capitales et les grandes villes africaines soumises aux effets de la mondialisation pendant des décenies, traversent une transition épidémiologique accompagnée de ses corollaires, que sont les nouveaux facteurs de risque pour la santé : le stress, la pollution, la sédentarité, l’obésité, le fast-food, les addictions au tabac, à l’alcool, au cannabis, au crack, et…au sucre, sans oublier les accidents de la voie publique.

L'eau

L'eau est, et continuera d'être, la ressource déterminante de l’avenir urbain. L'Afrique est l'une des régions qui a le plus besoin de solutions novatrices pour relever les défis liés à l'eau et au changement climatique ; pourtant, de nombreuses régions d'Afrique souffrent également du manque de compétences et de capacités dans le domaine de l'eau ainsi que de la fragmentation institutionnelle généralisée. Les impacts du changement climatique en Afrique se feront sentir à travers les inondations, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes, avec des impacts socio-économiques très directs et potentiellement graves. Conjuguée à cette urbanisation, l'augmentation de la population et l'augmentation correspondante de la demande de services et d'infrastructures font augmenter la demande d'eau dans les villes. Près de la moitié des infrastructures nécessaires pour répondre aux besoins des villes africaines d'ici à 2035 n'étant pas encore en place, c’est une occasion d'améliorer la résilience locale et de ré-imaginer l'eau dans nos villes du futur.

L'assainissement

En étant pragmatique, il faut reconnaître l’urgence de la situation, et se rendre compte qu’il ne sera pas possible de produire les infrastructures d’assainissement nécessaires dans des délais compatibles avec les échéances des ODD, par les seules techniques classiques d’assainissement collectif de type réseaux et stations. Dans bien des quartiers et localités, les méthodes de collecte et de traitement d’assainissement individuel et autonome peuvent être considérées comme une solution à part entière intermédiaire, ou définitive, érigée en service public que les collectivités territoriales ont capacité à développer et gérer.

 

Le contexte français

Le vieillissement de la population française se pose comme un défi majeur pour l’ensemble des territoires tout comme pour la santé. Le degré de préparation semble encore faible face au phénomène, notamment sur l’adaptation des logements ainsi que sur la prise en charge des personnes dépendantes.

La Loi Ma Santé 2022, soumise au débat à l’Assemblée Nationale depuis le 18 mars 2019 et l’assouplissement des conditions de production de logements avec la Loi ELAN ne permettent pas encore d’acter un changement de paradigme dans l’élaboration des politiques publiques nationales et locales et la prise en compte transversale des enjeux de santé dans les territoires.

 

Le rôle du numérique

La révolution numérique avec ses effets positifs ou contestés joue un rôle d’accélérateur à plusieurs niveaux dans les milieux de la santé :

  • sur les innovations et avancées scientifiques dans le domaine de la médecine et de la santé, et dans la prévention;
  • sur la modification des rapports entre soignant / soigné avec notamment le développement des objets connectés, de la télémédecine ou en réseau, les transformations des lieux de soins;
  • sur la demande grandissante des habitants de participation (bottom up) à cette prévention, à l’amélioration environnementale en lien avec leur santé et notamment sur les questions d’alimentation , à la définition étendue de la santé au bien-être, à la participation de la construction de leur cadre de vie.

 

Des défis différents selon le type de territoire

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Notre ambition  

refuges urbains urbapilot
Illustration d'un refuge urbain ©Urbapilot

Face à des enjeux multiples, les territoires doivent s’organiser

  • à travers la mise en place de politiques structurelles de long terme (les infrastructures / les équipements / la programmation des fonctions urbaines...) dans un contexte de réduction des capacités d’investissement ;
  • par des actions de court terme qui doivent donner de la visibilité aux actions de long terme, amorcer de nouvelles logiques de gouvernance et de modèle économique, et entrainer aussi les changements de comportement des usagers.

Le programme « Territoires Pilotes et Santé » a pour ambition internationale, d'initier notamment en Europe et en Afrique une recherche de solutions novatrices avec des collectivités territoriales. Il s'agit d'entrer dans une phase pré-opérationnelle, c'est à dire étroitement liée au territoire, qui concerne autant l'action publique que les acteurs privés et les usagers. Le programme vise un changement dans les relations urbanisme et santé et leurs déclinaisons opérationnelles dans les politiques locales.

Il vise aussi à poursuivre et concrétiser les résultats du chantier de recherche « Concevoir des quartiers bénéfiques à la santé/bien-être » mené par Marie Chabrol (Urbapilot) et soutenu par Leroy Merlin Source, dont vous pouvez voir quelques illustrations sous ces lignes. 

Ce programme s’inspire des typologies de solutions élaborées dans la recherche et souhaite les confronter à des contextes opérationnels. Il est envisagé sous l’angle de l’innovation sociale, et s'appuie sur les acteurs intermédiaires pour leur capacité à faire muter leur propre environnement. L'analyse des comportements et la dynamique des populations vont jouer un rôle moteur dans la stimulation de cette recherche de solutions.


illustrations ©Urbapilot de la recherche « Concevoir des quartiers bénéfiques à la santé/bien-être »

 

  Notre méthode

method zoom

C’est sur la mise en action à court terme de dispositifs opérationnels permettant d’inventer les solutions de demain que l’INTA et Urbapilot s’associent dans le cadre de ce programme «territoires pilotes et santé». Nous revendiquons un mode de travail « Lab » qui vise à élaborer des solutions collectives (et subjectives) pour faire contrepoids à la déshumanisation des indicateurs et des grilles d’évaluation. Le but est de s’appuyer sur l’existant (l’espace mais surtout les gens) pour comprendre les liens santé/social/environnement/urbanisme, mais surtout de tester le potentiel d’innovation sociale des sites et de leurs acteurs.

Une méthodologie en 3 temps

Nous menons ce travail en trois temps en suivant une méthodologie enrichie des expériences des deux partenaires :

1.Tout d’abord une première phase de lancement du programme, permettant de structurer le collège de partenaires, collectivités et sponsors impliqués dans le programme.
6 débats sur le thème "Retisser les liens entre santé et urbanisme" ont été organisés entre octobre 2018 et mai 2019 dont vous pouvez retrouver les résumés sur cette page.

2.Ensuite, une phase de co-construction de solution avec les territoires.

Cette phase se répètera sur chaque territoire sélectionné. Elle est elle même découpée en trois séquences : le scan, le focus et l’expérimentation.

  • Le scan permet une élaboration du diagnostic croisé urbain/santé/environnement avec les collectivités concernées et d’identifier l’écosystème d’acteurs locaux. Cette phase est portée par l’équipe projet permettant l’élaboration d’un diagnostic partagé et la conception partagée du dispositif d’expérimentation.
    Equipe de 4 personnes (2 INTA, 2 Urbapilot plus équipe locale) avec des compétences et responsabilités complémentaires.
    Résultat de sortie : outils et supports didactiques et pédagogiques.
  • Le focus se fait de manière collaborative en aidant les acteurs du territoire à porter un regard différent sur leurs projets au cours d'un processus international d'échanges d'expériences.
    Résultat de sortie : Feuille de route avec pistes d’actions.
  • l’expérimentation (optionnelle) vise à vérifier rapidement la pertinence d’un concept et à l’enrichir par la participation des usagers. Ce sont les collectivités et les acteurs locaux impliqués dans les étapes précédentes qui seront en charge de mettre en place les prototypes à expérimenter (conception/ réalisation/ mise en situation/ animation auprès des usagers). L'INTA, Urbapilot et l'équipe locale accompagnent la MOA dans l’expérimentation pratique. L'étape de l'expérimentation est en option et pourrait avoir lieu plus tard au vu des résultats des deux premières étapes.

 

3.Enfin, une troisième phase d’évaluation du programme et de communication des résultats sera mise en place. Elle aura pour objectif de permettre une évaluation partagée des différentes démarches menées dans les territoires pilotes et la valorisation des résultats de ces expériences.

 

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