Se fait jour depuis quelques années l’idée d’un effondrement du monde défendue par des gens que l’on appelle des collapsologues qui pensent que la catastrophe est inévitable et qu’il faut s’y préparer. L’un des philosophe Jean-Pierre Dupuy qui a théorisé sur l’idée d’un catastrophisme éclairé explique que « annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle… Mais la passer sous silence ou en minimiser l’importance conduite au même résultat ». On voit bien que l’on est sur une pente raide et qu’il faudra changer. L’homo sapiens doit évoluer sinon il disparaîtra. Mais il faut croire en l’homme sinon à qui bon vivre ?

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La tribune de Jean Yves Chapuis, consultant en stratégies urbaines

Se fait jour depuis quelques années l’idée d’un effondrement du monde défendue par des gens que l’on appelle des collapsologues qui pensent que la catastrophe est inévitable et qu’il faut s’y préparer. L’un des philosophe Jean-Pierre Dupuy qui a théorisé sur l’idée d’un catastrophisme éclairé explique que « annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle… Mais la passer sous silence ou en minimiser l’importance conduite au même résultat ». On voit bien que l’on est sur une pente raide et qu’il faudra changer. L’homo sapiens doit évoluer sinon il disparaîtra. Mais il faut croire en l’homme sinon à qui bon vivre ?

Certaines personnes, comme un ancien ministre de l’environnement, pensent que « l’effondrement est inévitable non parce que la connaissance scientifique de son advenue serait trop incertaine, mais parce que la psychologie sociale qui habite les humains ne leur permettra pas de prendre les bonnes décisions, au bon moment. » Comment peut-on faire de l’action politique sans croire un peu dans l’homme ? Mais surtout ce n’est pas seulement une question de développement personnel et de la promotion de la vie simple, même si cela est nécessaire. Il faut que la société se mobilise collectivement pour inventer un nouveau monde.

Or nous voyons que 3 conceptions fondamentales du monde cohabitent : fixiste, transformiste et évolutionniste pour reprendre les propos de Pascal Picq.

« La société fixiste croit à un monde advenu grâce à un créateur tout-puissant, postulant que les richesses disponibles sur terre ont été disposées à dessein et que l’on peut y puiser sans limites. La société transformiste admet les transformations du monde par l’action de hommes. Ce sont des sociétés qui ont une grande culture scientifique, technique et industrielle. La créativité, les innovations contribuent à l’amélioration de la société : le progrès est pour l’homme et par les hommes. La société évolutionniste comprend que le monde change, contraint par son passé et par le jeu des interactions complexes entre tous ses acteurs, dont l’homme. » On ne peut plus oublier que tout ce que l’homme crée, la culture au sens global, ne peut se faire sans oublier le socle que représente la nature.

Cette interprétation fragmentée reflète une incapacité de la société à produire du sens ; il y a une fatigue sociale et une défiance des êtres humains entre eux qui annihilent tout volonté d’agir. On est rentré dans un monde de la désolation où l’homme ne maîtrise plus rien, et devant la complexité du monde permise par le progrès de l’intelligence humaine, on constate une démission de la volonté d’agir.

Le politique se doit de gérer plus que le quotidien des concitoyens. Mais c’est à partir de ce quotidien que les citoyens expriment le général. C’est ma condition d’être humain, mon vécu qui me donne l’occasion de m’exprimer sur la vie et le monde.

C’est cette parole qu’il faut aller chercher au-delà d’une démocratie de la participation, d’une démocratie continue ou/et d’une démocratie d’appropriation, qui se caractérise comme le dit Pierre Rosanvallon, par des relations entre gouvernants et gouvernés : la lisibilité de l’action politique, la responsabilité avec son corollaire la reddition des comptes et l’évaluation des politiques publiques et en fin la réactivité sur les enjeux identifiés.

Souvenons-nous de la belle phrase de Paul Valéry dans son texte regards sur le monde « Prenons garde d’entrer dans le monde à reculons… »

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