L’avantage du virus c’est qu’il se moque de nos stratégies nationales et qu’il franchit allègrement les frontières de nos pays. Il nous oblige à mieux définir une stratégie globale au niveau de la planète. Il ne s’agit pas de se replier sur notre souveraineté et de se dire que cela doit se régler dans son pays et que l’on doit être autonome quant à la réponse à ce virus. Par contre il est nécessaire de revoir les formes de la mondialisation et de définir ce qui doit être au niveau d’un pays ou d’un groupe de pays et ce qui doit être au niveau de la planète. Nous les pays européens, on a pu réduire notre bilan carbone, en envoyant nos usines polluantes dans les pays en voie de développement ou pays du sud.

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Quelle mondialisation ?

Tribune de Jean-Yves Chapuis, sociologue, urbaniste, élu rennais de 1983 à 2014, ancien vice-président à la Métropole et directeur de l’école d’architecture de Rennes. Il est aujourd’hui consultant en stratégie urbaine.

L’avantage du virus c’est qu’il se moque de nos stratégies nationales et qu’il franchit allègrement les frontières de nos pays. Il nous oblige à mieux définir une stratégie globale au niveau de la planète.

Il ne s’agit pas de se replier sur notre souveraineté et de se dire que cela doit se régler dans son pays et que l’on doit être autonome quant à la réponse à ce virus. Par contre il est nécessaire de revoir les formes de la mondialisation et de définir ce qui doit être au niveau d’un pays ou d’un groupe de pays et ce qui doit être au niveau de la planète.

Nous les pays européens, on a pu réduire notre bilan carbone, en envoyant nos usines polluantes dans les pays en voie de développement ou pays du sud. Quelle part doit-on prendre ? la décroissance n’est pas la même pour tout le monde ce sont les 30% des plus riches qui doivent être en décroissance selon Gaël Giraud

Il faudra que tous les pays deviennent des co-gérants d’un nouveau monde. D’autre part les inégalités atteignent un niveau jamais égalé. De plus ces inégalités sont aujourd’hui visibles de partout. Nous vivons de ce fait une incroyable mondialisation des imaginaires. Le pauvre aujourd’hui sait parfaitement où il se situe par rapport aux riches.

C’est aussi une bonne occasion de revoir les inégalités criantes qui ne sont plus de mise dans un monde globalisé. Quel doit -être une échelle de salaire entre un patron et la personne qui au plus bas de la hiérarchie dans une entreprise. Le respect, la reconnaissance et la visibilité de chacune et chacun demande que cette échelle des salaires soit précisée et surtout corresponde à une réalité du travail et son utilité sociale. La pandémie fait éclater en plein jour tous les métiers de la santé sur leur rôle essentiel par rapport à notre condition humaine.

Qu’en est-il des tradeurs qui gagnent des millions d’euros sur la spéculation financière de la dette des états.

Remettre l’argent à sa place ?

Qu’est ce qui fait la richesse d’une vie, c’est la rencontre, c’est l’échange, c’est l’autre. Comment être indifférent à la différence ? Mais attention de ne pas tomber dans l’effondrement, Il faut   donner de l’espoir. Les hommes ont développé un nombre impressionnant de technologies, il ne s’agit pas de tout arrêter, mais de s’interroger sur celles qui selon la logique marchande, dès lors qu’elle trouve acheteur, elle circule qu’elle que soit leur nocivité.

En ces temps particuliers la philosophie de Montaigne peut nous être utile. Lui qui a connu la pandémie de la peste et les guerres de religion. Il nous apprend comme le dit Antoine Compagnon que la sagesse associée à la retraite est une conquête difficile, mais que le confinement peut- être domestiqué par la lecture ? ou bien les propos du philosophe Francis Wolff « seules les idées universalistes permettent la coexistence des cultures » Soyons capable de construire un monde  ou le mélange des civilisations et des cultures est producteur de sens et de développement.

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