highlineLa ville a un rôle majeur à jouer face aux deux phénomènes, relevant d’une tendance lourde d’individualisation, qui affectent aujourd’hui l’économie dite « post-industrielle » : la numérisation de l’économie et de l’organisation sociale d’une part, la mutation (le délitement ?) du salariat d’autre part.

La numérisation va détruire des emplois tertiaires, notamment dans les structures administratives ; les administrations municipales d’une part, les activités de services en ville d’autre part en seront des plus affectées. Dans l’ensemble, on observe peu d’imagination dans les propositions visant à employer les actifs (actuels ou futurs) ainsi « libérés » ; ces propositions portent souvent sur la création d’emplois de services à la personne, notamment en prévision du vieillissement de la population. On voit apparaître des besoins de médiation spatiale, corrélatifs d’un changement de mode de fonctionnement, voire de conception, des équipements – notamment les équipements à vocations sportive, récréative et culturelle – impliquant une interaction plus étroite, non cloisonnée, avec l’espace public.

La ville favorise bien sûr les nouvelles formes de travail, mais tout l’enjeu est dans le caractère donné aux « tiers-lieux » : actuellement la production des espaces de co-working est accaparée par la promotion immobilière, alors qu’il s’agit de promouvoir le « coop-working », qui substitue la relation de coopération à la concurrence.

Le développement technologique, l'évolution démographique, la généralisation des services et la globalisation de l'économie modifient profondément la façon de produire et de travailler, faisant évoluer l'économie industrielle vers une économie de la connaissance qui a des conséquences sur le développement urbain : délocalisations, pôles de compétitivité, réorganisation dynamique des lieux de travail, remise en cause de la séparation centre / périphérie, mixité des fonctions, pépinières d'entreprises, infrastructures de transport et d'échanges comme hub économiques et de mobilité, etc. 

L’émergence d’une économie de la relation et de la connaissance lie de moins en moins l’habitat à un lieu de travail où se met en œuvre un processus de production. Cette situation limite l’impact d’une relation domicile- travail qui, si elle reste majeure au plan individuel, devient plus relative au plan de la ville et plus statistique du fait de la diversité des activités.

Se dessine ainsi une nouvelle organisation spatiale de l'économie contemporaine, un nouvel urbanisme industriel à partir des choix des entreprises qui investissent dans d'autres types d'espace de travail plus multifonctionnels, plus soucieux d'interactions humaines, mieux intégrés dans la configuration urbaine et plus proche des nœuds de mobilité.

Le choix de localisation (l’attractivité) se définit dès lors par un ensemble de paramètres d’usage de la ville par rapport auquel il convient que chaque cellule individuelle trouve son optimum.
Combinées avec l'impératif de la durabilité et le contexte financier actuel, ces évolutions conduisent à s'interroger sur la transformation prévisible de l'environnement construit ainsi que sur la relation entre développement économique et urbain.

Les membres de l'INTA, notamment les responsables de l'aménagement urbain mais aussi, les acteurs économiques eux-mêmes, les collectivités locales, et les agences de développement, s'interrogent sur les effets de cette nouvelle économie sur le territoire.

Le programme de cette Communauté de compétences est une réponse à un certain nombre d'enjeux :

  • Comment l'évolution des NTIC influencera la localisation physique des lieux de production ?
  • Comment mieux intégrer espaces de travail et fonctions urbaines (mobilité)?
  • Comment intégrer les lieux de production de façon plus optimale dans le tissu urbain ?
Le design urbain peut-il faciliter les transitions en cours ?
  • Comment anticiper l'évolution de la demande pour des espaces de production ?
  • Quels fonctions pour les structures de production obsolètes ?
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Quelles nouvelles relations entre les centres traditionnels et les périphéries ?
  • L'effet métropolitain permet-il une meilleure optimisation du territoire ?




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