Association internationale
du développement urbain

Retisser les liens entre santé et urbanisme

Un tour d’horizon rapide des événements récents dans le monde (pollutions mortifères; l’augmentation des maladies chroniques; les épidémies liées à l’invasion de certaines espèces…) révèle l’immense défi que doivent affronter les territoires urbains pour qu’ils puissent continuer à être habitables et à maintenir les populations en bonne santé. Ces événements illustrent à la fois la vulnérabilité et la complexité des systèmes urbains qui se traduisent par de multiples dépendances, que ce soit l’accès à des ressources de qualité (eau, air, alimentation, énergie) ou bien le creusement des inégalités sociales et territoriales avec le processus de métropolisation.

Cela démontre aussi une nécessité de dépasser les politiques sectorielles (santé et urbanisme notamment) pour bâtir des politiques transversales où la santé urbaine et le bien-être en ville sont replacés au centre de l’action publique.

En témoigne le Nouvel Agenda urbain (NAU) adopté à Quito en 2016 qui reprend les Objectifs du Développement Durable des Nations Unies (adoptés en 2015), et qui au-delà de réaffirmer les enjeux de santé publique avec l’ODD 3 introduit avec l’ODD 11 l’enjeu des villes durables. A ces deux objectifs, s’ajoutent les ODD 8 et 9 portant sur les aménagements et les infrastructures. Ces différents objectifs se croisent autour des conditions de vie (habitat) et de santé urbaine (individuelle et collective) et ouvrent la possibilité d’une reformulation du concept de développement durable : un processus conduisant à une meilleure qualité de vie pour tous.

Le contexte français

Le vieillissement de la population française se pose comme un défi majeur pour l’ensemble des territoires tout comme pour la santé. Le degré de préparation semble encore faible face au phénomène, notamment sur l’adaptation des logements ainsi que sur la prise en charge des personnes dépendantes.

La Loi Ma Santé 2022, soumise au débat à l’Assemblée Nationale depuis le 18 mars 2019 et l’assouplissement des conditions de production de logements avec la Loi ELAN ne permettent pas encore d’acter un changement de paradigme dans l’élaboration des politiques publiques nationales et locales et la prise en compte transversale des enjeux de santé dans les territoires.

Quelques références

Le guide ISadOrA

Une démarche d’accompagnement à l’Intégration de la Santé dans les Opérations d’Aménagement urbain

Ce guide représente à cet égard un outil inédit et complet, synthétisant des éléments de compréhension et des conseils pour l’action pour intégrer ces enjeux de santé et d’environnement au processus d’élaboration d’une opération d’aménagement urbain. Proposé sous forme de clefs opérationnelles illustrées par des fiches support, il est destiné à tous les acteurs engagés dans l’aménagement opérationnel (chargés d’opérations, bureaux d’études, maîtrise d’œuvre urbaine publique et privée, assistants à maîtrise d’ouvrage, professionnels de santé publique, élus, techniciens, etc.).

Les choix d’aménagement et d’urbanisme peuvent contribuer à relever les défis en termes de qualité de vie et d’adaptation aux changements environnementaux. Les villes concentrent en effet des opportunités pour mieux vivre ensemble, des enjeux de santé et d’environnement (qualité de l’air, environnement sonore et lumineux, préservation de la biodiversité, limitation des îlots de chaleur, etc.), ainsi que des enjeux d’utilisation
de ressources (eau, sols, etc.). 

Urbanisme et santé

Un guide de l’OMS pour un urbanisme centré sur les habitants

Un urbanisme pour la santé, c’est un urbanisme pour les habitants. Il met en valeur l’idée que la ville c’est autre chose que des constructions, des rues et des espaces publics, c’est un organisme qui vit, qui respire ; son état de santé est étroitement lié à celui de ses habitants.

Il est reconnu depuis longtemps que l’état actuel des villes, souvent déterminé par l’urbanisme peut être nuisible à la santé. L’ouvrage Urbanisme et santé est centré sur les effets de l’urbanisme qui peuvent être positifs pour la santé, le bien-être et la qua- lité de vie. Il s’inspire de la définition de la santé, prise dans son sens large qui est celle de l’OMS. Les concepts et principes en sont expliqués et des expériences de villes et localités de la Région Europe de l’OMS dont beaucoup participent au mou- vement Villes-Santé sont présentées. L’ouvrage va plus loin en suggérant une démar- che qui remet les aspirations des habitants au cœur même de l’action de l’urbanisme.

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